|
« La culture, c’est tout ce qui nous reste quand on aura tout
perdu »
DROITS D’AUTEUR ET
DROITS VOISINS : BILAN ET PERSPECTIVES D’UNE SOCIETE DE GESTION.
Notre pays le Mali est héritier de
l’ancienne colonie française, devenu tour à tour le soudan, le Haut
Sénégal Niger, la République du Mali est certainement celui dont le
nom évoque le plus de souvenir sur le plan culturel.
A l’entame du
cinquantenaire de cet immense pays (1.242.000km²) il nous parait
nécessaire de faire le bilan à mi parcours de notre société de
gestion collective avant d’envisager des perspectives pour l’avenir.
Pendant la colonisation, la
propriété littéraire et artistique au Soudan français par la loi
française du 11 Mars 1957. La gestion et l’administration des droits
relatifs à la reproduction des œuvres musicales, leur exécution
publique et leur radiodiffusion étaient assurées par la Société des
Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique : la SACEM.
L’accession
du Mali à l’indépendance en 1960 a permis à la SACEM de cesser ses
activités sur le territoire malien. Donc, le Mali était face à un
vide juridique qu’il fallait combler. Cet de fait conduit le
législateur malien à adopter l'ordonnance n 77-46/CMLN du 12 Juillet
1977 fixant le régime de la propriété littéraire et artistique en
république du Mali.
Pour mieux
efficacement gérer les droits patrimoniaux reconnus par ce texte ;
le législateur a créé le Bureau Malien du Droit d’Auteur par
ordonnance n 78- 49/CMLN du 27 Novembre 1978.
Dans le souci d’actualiser et
d’approfondir le régime de protection institué par l’ordonnance n
77- 46 suscitée, la loi 84 -26 /ANRM du 17 Octobre 1984 a abrogé et
remplacé le premier texte.
Aujourd’hui,
force est de constater que le Bureau Malien a 33 (trente trois) ans
d’existence. Pendant ces 33 ans plusieurs actions sont entreprises
parmi lesquelles notre attention retiendra les plus importants à
savoir :
1-
1- Les actions entreprises pour le recouvrement (perception) des
droits d’auteur,
2-
2- Les actions de répartition de ces droits. Retenons que le Bureau
a procédé à sa toute première répartition en 1983.
La perception et la répartition
constituent la quintessence des activités d’une société de gestion
collective des droits. Mais parallèlement à ces deux activités
principales, il y’a une autre non moins importante qui est le
couronnement des deux autres, il s’agit :
3-
3-
des actions de lutte contre la
piraterie
Cette troisième activité mérite que
l’on s’y attarde, car il ne saurait avoir de recouvrement et de
répartition sans une bonne protection.
La stratégie de lutte contre la
piraterie élaborée par le Bureau est basée sur quatre axes
fondamentaux :
- la sensibilisation et la formation
- les actions normatives et
sécuritaires
- les actions de contrôle
- les actions judiciaires.
A – sensibilisation et formation
·
sensibilisation : des campagnes de sensibilisation de la
population sont entreprises à travers les medias et au moyen de
spectacles.les artistes sont engagés à faire la sensibilisation à
l’occasion de leurs manifestations (Top – Etoile, Jouvence, Terroir,
Concert etc.)
-
formation :
des actions de formation sont initiées à l’endroit des
partenaires spécifiques tels que : (Douane, Police, Gendarmerie,
Justice, Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence)
et également à l’endroit des artistes et des radios.
B – les actions normatives et
sécuritaires
Elaboration et adoption de nouveaux
textes
-
loi n 08 –
023 du 24 Juillet 2008 abrogeant toute loi ultérieure fixant le
régime de la propriété littéraire et artistique en république du
Mali.
-
décret n
08- 650/P-RM du 27 Octobre 2008 régissant les professions de
Producteurs, Distributeurs, de phonogrammes pour mieux définir
les métiers de la musique.
-
Décret n
08- 678/P-RM du 07 Novembre portant organisation et les
modalités de fonctionnement du BUMDA.
-
Identification des cassettes légales par un système
d’identification de timbres holographiques (stickers).
-
Numérotation du sticker.
C – les
actions de contrôle
Un accent particulier est mis sur
les actions de contrôle des marchés tant à l’intérieur des régions
que dans le district de Bamako. La dernière saisie en date est celle
effectuée au dabanani le 10 Mars.
D – les actions judiciaires
Des avocats sont constitués pour
mieux défendre les dossiers de piraterie devant les tribunaux.
Cependant, il faut reconnaitre que
jusqu’ici le Bureau ne gérait que les droits d’auteur. Les droits
connexes ou droits voisins du droit d’auteur n’avait pas fait
l’objet de législation et ce n’est qu’en 2008 avec l’adoption de la
nouvelle loi sur la propriété littéraire et artistique que les
droits voisins ont fait l’objet de prise en compte. Il nous vient
alors à l’esprit de définir les droits voisins pour plus de clarté.
Les droits voisins ou droits
connexes du droit d’auteur sont des prérogatives accordés par l’état
pour protéger les intérêts des artistes – interprètes ou
exécutants, des producteurs de phonogrammes et des organismes de
radiodiffusion.
Donc d’une
manière générale le champ d’intervention du Bureau s’élargit et
des perspectives s’ouvrent.
La première perspective qui s’offre
à nous est d’entreprendre des procédures nécessaires afin que la
gestion des droits voisins soit effective. De l’adoption de la loi à
nos jours, aucun décret d’application n’a vu le jour.
En d’autre perspective, il sera
question de renouer un partenariat fiable avec les services des
Douanes qui constituent un maillon important pour l’application des
droits voisins.
Cependant, il serait souhaitable
d’accroitre la sensibilisation et l’information autant faire se peut
à l’endroit des usagers. Cet exercice permettra de faire savoir aux
fabricants et importateurs de support d’enregistrement, et
éventuellement, de matériel d’enregistrement, qu’ils sont assujettis
à l’obligation de payer des redevances pour certains types
d’appareils permettant la copie des œuvres protégées. Ces appareils
sont constitués de :
1 – photocopieur
2 – scanner
3 – télécopieur
4 – tireur
(machine à tirage)
5 – graveur de CD, DVD, Clé USB et
assimilés
6 – les appareils de téléphones
portables
D’un point de vue pratique, le droit
à rémunération ou le droit exclusif des artistes – interprètes ou
exécutant et des producteurs de phonogrammes concernant la
radiodiffusion et la communication au public de leurs prestations
enregistrées sur des phonogrammes ou de leur phonogramme sera
d’actualité.
La gestion appropriée et efficace de
ces droits voisins permettra au Bureau d’accomplir des fonctions
supplémentaires, utiles et profitables à d’autres bénéficiaires de
droits. C’est à ce seul prix que la gestion collective du droit
d’auteur et des droits voisins sera effective dans notre société. /.
·
Archives |